Ces derniers jours, le thermomètre a grimpé jusqu’à 40°C au refuge dans les zones les plus exposées. Pour la plupart d’entre nous, la canicule signifie ventilateur et volets fermés. Pour notre équipe, elle signifie une journée entière réorganisée autour d’un seul impératif : que chacun de nos 55 chiens ait, à chaque heure, ce dont il a besoin pour tenir la chaleur. Voici, heure par heure, à quoi ressemble une journée de canicule vue de l’intérieur.
8h30 – Le tour du matin
Clément, notre soigneur, fait le tour de tous les parcs. Il observe chaque chien : a-t-il bien passé la nuit ? Pas de signe de coup de chaud ? C’est aussi l’occasion d’une distribution de friandises, petit rituel qui rassure autant les chiens que l’équipe.

8h50 – Préparation des 55 gamelles
Océane prépare les repas du matin. Pour chaque chien, sa gamelle, son complément, son traitement si besoin : 55 gamelles individuelles, aucune identique à l’autre.

10h00 – Distribution des repas et nettoyage des points d’eau
Les repas sont distribués.

En parallèle, les soigneurs nettoient une à une les piscines des chiens : ils les frottent pour retirer algues et saletés, les vident, les remplissent à nouveau. Même protocole pour chacune des auges du refuge.
C’est à ce moment-là que Clément partage un point essentiel :
« Il faut être vigilant avec certains chiens, comme Yao par exemple : ne pas trop le monter en excitation, être attentif quand on nettoie son auge. »
La vérité, c’est que notre refuge est connu pour accueillir des chiens qui, aujourd’hui, ne présentent plus de danger particulier, mais dont nous savons qu’ils peuvent redevenir réactifs dans certains contextes précis.
Clément donne un autre exemple :
« Naya doit avoir fini de manger, sans jouet ni nourriture à proximité, avant qu’on puisse retourner dans son parc. »
Ce temps d’adaptation, chien par chien, profil par profil, c’est du temps qui joue contre nous quand le mercure grimpe et que l’eau doit être partout, en continu.

Vers 14h – Retour de pause déjeuner.
Nos soigneurs reviennent, les bras chargés, avec 55 gamelles à nettoyer.
Cet après-midi, la priorité sera donnée à l’eau. Il fait beaucoup trop chaud pour organiser des balades : nous risquerions de mettre en danger nos animaux les plus fragiles en leur faisant subir un coup de chaleur.

15h00 – Renfort inter-pôles
Pendant ce temps, Julie, habituellement au pôle chatterie, vient prêter main-forte : elle arrose les parcs et veille à ce que chaque chien ait de l’eau fraîche pendant que ses collègues terminent le nettoyage.
« Il y a moins d’activités à gérer en chatterie l’après-midi », explique Julie
Une fois ses propres soins terminés et l’eau assurée pour tous ses chats, elle file donc donner un coup de main au “pôle refuge”.

16h00 – Préparation du repas du soir
Ce soir-là, c’était croquettes et bouillon pour tout le monde. Comme le matin, chaque gamelle est individualisée : médicaments et compléments dosés pour chaque chien.
Le tout, en étroite collaboration avec nos partenaires vétérinaires et le Dr Bedossa, qui veillent à ce que chaque traitement et chaque ration soient soigneusement adaptés aux besoins de chacun de nos animaux.

17h00 – Distribution du repas du soir
Nouvelle vérification de l’eau, partout, pour tous. Et cette année, grâce aux dons de nos généreux donateurs, nous avons pu installer des brumisateurs dans les parcs : une aide précieuse pour que nos chiens gardent accès à de la fraîcheur en continu, notamment en soirée quand la chaleur reste installée.

La vérité, c’est que gérer une canicule avec 55 animaux, ce n’est pas simplement « penser à donner plus d’eau ». C’est réorganiser chaque heure de la journée, s’adapter à chaque profil de chien, ralentir quand il faudrait accélérer, et rester vigilant du matin jusqu’au soir. C’est aussi grâce à vous, à vos dons, que des équipements comme les brumisateurs existent aujourd’hui au refuge.
Vous avez pu avoir un aperçu de ce que représente une journée auprès de 55 chiens du refuge. Mais, sur un autre pôle, une vingtaine d’autres chiens sont aussi sous notre responsabilité. Ceux-là sont les plus fragiles : des chiens âgés, malades, handicapés, en fin de vie. Ces êtres particulièrement vulnérables ont besoin d’une attention accrue.
Nous vous raconterons prochainement leur quotidien, dans une nouvelle newsletter…
Je soutiens AVA face à la canicule

Nos soigneurs ne sont pas bénévoles, mais salariés. Aujourd’hui, ce sont seulement deux soigneurs pour 55 animaux. C’est juste, trop juste. Plus nous avons de moyens, plus nous pouvons embaucher de soigneurs. Et plus nous pouvons embaucher de soigneurs, plus nous pouvons offrir à chacun de nos 55 chiens la vigilance et la qualité de vie dont il a besoin, surtout, un jour de canicule.
Vos dons nous sont indispensables : ils ne servent pas seulement à financer l’alimentation, les soins et le matériel de nos animaux. Ils financent aussi ce qu’il y a de plus précieux, et de plus invisible : le temps qu’on leur accorde.