Quand un chat attaque, fait peur ou devient impossible à gérer au quotidien, nous cherchons naturellement à comprendre ce qui ne va pas chez lui.
Et si nous commencions par regarder ailleurs ?
Du côté de son environnement.
De l’espace dans lequel il vit.
Des stimulations auxquelles il est exposé.
De ce qu’on lui permet ( ou non ) de faire.
Et surtout, de la possibilité qu’il a de choisir.
Les histoires de Nala et Kira, deux chattes accueillies à AVA après des situations devenues extrêmement difficiles et dangereuses pour leurs humains, nous ont amenés à nous poser ces questions.
Nala : et si ce n’était pas elle qu’il fallait changer ?
À son arrivée à AVA, Nala faisait partie des chats considérés comme particulièrement agressifs.
Chez elle, ses humains avaient pourtant tout essayé : examens vétérinaires, traitements… Ils lui avaient même cédé leur salon afin de limiter les risques d’attaque.
Mais malgré tous ces efforts, la situation restait extrêmement difficile.
Dans un premier temps, Nala était le chat le plus agressif que nous ayons connu, au point d’être contraint d’entrer dans sa pièce d’adaptation avec un bouclier, ne serait-ce que pour changer sa litière ou lui apporter à manger.
Puis, peu à peu, quelque chose a changé.
Nala s’est mise à circuler librement dans la chatterie, à observer les humains, à venir les sentir.
Elle n’est pas devenue un chat qui aime être manipulé. Nous avons appris à respecter ses limites. Nala n’apprécie pas qu’on la touche ? Alors nous ne la touchons pas.
Elle préfère observer à distance ? Nous lui laissons cette possibilité.
Aujourd’hui, la chatte que nous avons connue dans un contexte d’agressivité évolue dans un environnement où elle peut davantage contrôler ses interactions.
Alors une question se pose :
Avons-nous parfois tendance à demander à l’animal de s’adapter à notre environnement, sans suffisamment nous demander si cet environnement est adapté à lui ?
L’histoire de Kira pose une question similaire, mais d’une autre manière.

À son arrivée à AVA, Kira nous accueillait recroquevillée, en feulant, prête à bondir. À chaque ouverture de porte, elle nous sautait au visage.
Et pourtant, derrière cette agressivité, nous avons découvert une petite chatte profondément curieuse. Elle aimait jouer, courir, explorer son environnement.
En bref, Kira aimait vivre.
À son arrivée à AVA, tout comme Nala, Kira a bénéficié d’une liberté totale. Et son comportement a progressivement changé.
La chatte qui, auparavant, nous sautait au visage vient aujourd’hui vers nous pour réclamer des câlins.
Et si nous regardions l’animal autrement ?
Ces deux histoires ne signifient évidemment pas que l’environnement explique tout. Mais elles nous obligent à poser une question essentielle :
Quelle part de ce que nous appelons « comportement problématique » dépend aussi des conditions dans lesquelles nous demandons à l’animal de vivre ?
Aménagement de l’espace, possibilités d’exploration, stimulations, interactions sociales, contacts avec les humains, possibilité de s’isoler ou de choisir… Tous ces éléments peuvent participer à son expérience quotidienne.
Et cela nous amène à questionner une tendance très humaine : l’anthropocentrisme.
Lorsqu’un animal devient agressif, nous pouvons parfois tirer un raccourci lourd de conséquences :
« S’il ne peut pas vivre avec moi, alors il ne peut pas vivre. »
C’est là que peut intervenir ce que l’on appelle l’euthanasie de convenance : mettre fin à la vie d’un animal parce que sa situation est devenue incompatible avec notre mode de vie, nos contraintes ou nos attentes.
Mais si nous inversions la perspective ?
Et si, avant de conclure que l’animal ne peut pas vivre, nous nous demandions dans quelles conditions il pourrait vivre ?
Car « ne pas pouvoir vivre avec nous » et « ne pas pouvoir vivre » sont deux choses très différentes.
C’est précisément cette distinction que les histoires de Nala et Kira nous invitent à questionner.
C’est ce que nous allons explorer à Pet Revolution
Le 10 octobre prochain, AVA sera à l’Université Paris Nanterre à l’occasion du Congrès Pet Revolution, dont nous sommes partenaires.
Notre Président, le Dr vétérinaire Thierry Bedossa, notre Directrice générale Elisa Gorins, et la Dre Sarah Jeannin, psychologue clinicienne et éthologue, y animeront une conférence consacrée au :
« Bien-être du chat en captivité : aménagements, limites et alternatives »
Nala et Kira feront partie des histoires concrètes qui permettront d’aborder cette question.
Nous allons nous interroger sur ce que nous considérons parfois comme allant de soi dans notre manière de vivre avec les animaux.
Les dates :
- 10 octobre – Université Paris Nanterre
- 5 et 6 décembre – en distanciel
Parce qu’une autre manière de vivre avec les animaux commence peut-être par une autre manière de les regarder.