« Personne ne voulait de lui. Il aurait été euthanasié ou abattu si nous ne l’avions pas recueilli à AVA. » Elisa Gorins, directrice du refuge AVA
Quand ses propriétaires ont appris leur mutation professionnelle pour les DOM-TOM, le destin d’Orcan a basculé. Ce petit âne, têtu, méfiant, impossible à approcher pour le moindre soin de ses sabots, s’est retrouvé seul face à l’indifférence générale. Porte après porte, la réponse fut la même : non.
Son « mauvais caractère » lui valait une condamnation à mort. Oui, car que faisons-nous de ces animaux dont personne ne veut, parce qu’ils ne correspondent pas à l’image de l’animal de compagnie idéal : câlin, facile, manipulable, toujours parfait… ? L’euthanasie ou l’abattage se profilaient comme seules issues.
Puis notre refuge lui a ouvert ses portes.
Ce que personne ne voyait
Les rumeurs disaient vrai : Orcan est têtu. Mais ce que le monde lisait comme un vice de caractère, notre équipe a su le déchiffrer autrement : comme une armure, comme la seule langue qu’il connaissait pour se protéger d’un monde qui n’avait jamais vraiment tenté de le comprendre.
Car derrière cette carapace se cachait un âne profondément attaché à l’humain, qui n’attendait qu’une chose : qu’on prenne le temps de le découvrir.
Ses premières années à AVA ont pourtant mis notre équipe à rude épreuve. Orcan refusait catégoriquement tout soin. Pas question de toucher ses pieds, de l’examiner, d’intervenir. Pour préserver sa santé, nous n’avions d’autre recours que la sédation, une solution que nous acceptions à contrecœur, car même ainsi, Orcan vivait cette expérience comme une violence. Il ne la supportait pas. Et nous non plus.
Car la sédation n’est jamais un acte anodin. Elle aurait pu mettre sa vie en danger, l’exact opposé de ce pour quoi nous l’avions accueilli. Il fallait trouver une autre voie. Notre équipe de soigneurs dédiés aux herbivores a refusé de se résigner. Elle a choisi, encore et encore, de revenir vers lui. Sans forcer. Sans brusquer. Avec cette patience obstinée que seule une vocation profonde peut entretenir.
Semaine après semaine, nos soigneurs ont tissé un lien. Pas à pas. Sans jamais abandonner. Et quelque chose d’improbable s’est produit : Orcan a commencé à faire confiance.
Aujourd’hui, l’évolution est spectaculaire. Stupéfiante, même, pour ceux qui l’ont connu à son arrivée. Orcan se laisse désormais manipuler. Orcan accepte les soins sans sédation.
Ce petit âne, autrefois condamné pour son « sale caractère » et qui détestait être manipulé, est devenu aujourd’hui notre véritable « glue » : il adore nous suivre partout et venir chercher les câlins. Il est aussi absolument magique lors des séances de médiation animale auprès de publics vulnérables auxquelles il participe avec beaucoup de plaisir… Avec des enfants en situation de handicap, il est particulièrement magique !
Une très belle histoire que nous tenions à vous partager !
Bravo à notre équipe
Qui ont si bien su l’apprivoiser, avec amour et respect. Pour leur travail, leur cœur, et ce lien unique qu’ils ont su créer avec lui.
Le temps, ça aussi se finance

Nos soigneurs ne sont pas bénévoles, mais salariés. Pour leur permettre d’accorder le temps individuel auquel chaque animal a droit, nous avons besoin de ressources financières. Plus nous avons de moyens, plus nous pouvons embaucher de soigneurs. Et plus nous pouvons embaucher de soigneurs, plus nous pouvons sauver d’animaux et leur offrir la qualité de vie dont ils ont besoin.
Vos dons nous sont indispensables : ils ne servent pas seulement à financer l’alimentation, les soins et le matériel de nos animaux. Ils financent aussi ce qu’il y a de plus précieux : le temps qu’on leur accorde.