Nous vous proposons de découvrir le “journal de voyage” tenu par notre Directrice générale, Elisa Gorins, lors de son séjour en Egypte, avec notre Président, le Dr vétérinaire Thierry Bedossa. L’objectif de ce voyage était de visiter les refuges de l’association égyptienne Mira Dogs en vue d’établir un partenariat entre AVA et celle-ci pour sauver un maximum de chiens.
Un voyage bouleversant… (vidéo ci-dessous)
Vendredi 15 mai 2026, Le Caire, Egypte.
La voiture nous dépose dans une rue commerçante, en plein cœur du Caire. Quelques boutiques, des détritus jonchant les trottoirs, et des personnes attablées à des terrasses improvisées, intriguées par notre présence. Aucun refuge en vue. Sommes-nous vraiment au bon endroit ?
Soudain, Mira nous rejoint. Elle est la fondatrice et la présidente de l’association égyptienne Mira Dogs. Elle attendait notre venue avec impatience, et l’excitation de nous faire visiter ses refuges est palpable. Nous aussi avons tellement hâte de découvrir ces deux refuges et leurs animaux.
Nous marchons quelques mètres jusqu’à l’entrée d’un immeuble. Contre toute attente, le refuge est à l’intérieur de ce bâtiment d’habitation. Insoupçonnable. Nous pénétrons dans le hall d’entrée, qui sert de cuisine pour les repas des chiens. Du poulet est en train de mijoter dans une marmite. L’odeur est saisissante. Sur le palier, de petits chiens handicapés se précipitent vers nous, tandis que dans le fond de la pièce, dans la pénombre, des soigneurs essaient tant bien que mal de veiller sur un chien, couché sur une étagère, entre la vie et la mort.
“Il ne va pas bien du tout”, explique Mira. Spontanément, Thierry se dirige vers lui : “Je vais l’examiner”. Thierry le palpe, et lui vide la vessie. Le chien n’urine plus, et peine à s’alimenter. Il est gavé avec des petits pots pour bébés. Mais il n’en peut plus. Nous apprenons qu’il est dans cet état depuis plusieurs mois, et que les perfusions ne font plus effet.
“Vous pensez qu’il faut aller l’endormir ?” demande Mira. Thierry acquiesce.
Nos regards se tournent vers les petits chiens handicapés qui rampent au sol ou dorment sur les étagères. Parmi eux, deux petits chiens de type Bichon dont nous avions préalablement reçu des photos et vidéos. Je les reconnais tout de suite. Nous savons que ces deux chiens sont ceux qui ont le plus besoin d’être rapatriés. Ici, ces êtres vulnérables n’ont aucune chance de survivre.
Mira nous fait pénétrer dans chaque appartement de l’immeuble, répartis sur quatre étages. Chaque ancien logement est le lieu de vie des chiens. Dans chaque pièce de chaque appartement, nous découvrons plusieurs dizaines de petits chiens : des Bichons, des “Kokoni”, des Pékinois, de petits Epagneuls, des Teckels… De jeunes chiens de 3 à 10 kilos, sans aucune perspective d’avenir. Ils sont près de 2000 à vivre là, entassés les uns sur les autres, dans cet immeuble vétuste. Seules 3 à 4 personnes s’en occupent chaque jour. Étrangement, malgré la misère ambiante et l’insalubrité évidente, nous découvrons des chiens en apparente bonne santé, qui se ruent sur nous pour nous demander de l’attention. Nous ne voyons pas de chiens affamés, maigres et traumatisés, mais au contraire, des chiens aussi bien entretenus que possible, qui débordent d’amour à donner.

“Ici, les gens achètent des chiots pour 10 à 15 euros dans des animaleries. Et puis, lorsqu’ils n’en veulent plus, parce qu’ils se rendent compte des contraintes, ils les jettent dans la rue. Et nous, nous les recueillons… du moins, 1% d’entre eux”, nous explique Mira.
Mira Dogs ne prend pas en charge les chiens libres et errants qui arpentent les rues. Uniquement les chiens “domestiques”, dits “de compagnie” qui sont abandonnés par des particuliers. Une fois dans la rue, ces petits chiens de race ne peuvent survivre plus de quelques jours. Mira Dogs est la seule association à pouvoir leur venir en aide. Mais ses moyens sont extrêmement faibles, et les adoptions, inexistantes. Face à ces si nombreux chiens enfermés dans ces appartements, nos yeux d’occidentaux pourraient être choqués. Et pourtant, nous en sommes convaincus : Mira fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle peut.
Chaque jour, Mira est appelée pour accueillir 2 à 5 nouveaux chiens. Face à l’afflux massif de prises en charge, elle ne peut plus rester dans cet immeuble. Elle doit déménager.
Après cette première visite bouleversante, Mira nous fait monter en voiture. Nous roulons pendant quelques dizaines de minutes et nous éloignons de la pleine ville. A notre arrivée, en périphérie du Caire, nous découvrons son deuxième refuge : un très grand terrain, encore en chantier, que Mira a divisé en plusieurs grands enclos. On y trouve également des boxes où sont isolés les chiens non sociables, les malades et les mères allaitantes. Les chiens qui y sont hébergés ont bien plus d’espace, et surtout, ils sont en semi-liberté en extérieur. “C’est bien plus favorable pour eux que d’être enfermés, explique Thierry, d’autant que cet environnement extérieur réduit la promiscuité, et donc le risque de maladies”. Ce nouveau refuge repose sur le même modèle qu’AVA. Mira nous raconte que les ouvriers ont abandonné le chantier, mais que dès que les travaux seront terminés, son objectif est de vider le refuge “immeuble” pour rapatrier tous les chiens dans ce nouveau lieu. Cela ne fait aucun doute : ils y seront bien.
“Vous faites un travail remarquable”, répète Thierry à Mira. Avec si peu, cette femme tellement engagée et investie accomplit des miracles, envers et contre tous. Car en Egypte, s’occuper des chiens est globalement incompris, voire mal perçu. La domesticité des chiens et leur abandon sont des phénomènes nouveaux auxquels la population n’est pas encore très sensible. L’action de Mira apparaît parfois futile aux yeux des habitants qui, pour la plupart, ont un niveau de vie très modeste.
Alors que le soleil se couche et que la température baisse enfin, nous discutons de la suite, entourés de nombreux petits chiens : “Nous allons établir un partenariat durable avec vous”, assure Thierry. “D’une part, nous allons accueillir vos handicapés et les héberger durablement à la ferme-refuge AVA. Et d’autre part, nous allons rapatrier vos autres chiens, non handicapés, et leur trouver des foyers adoptifs. Nous pouvons en prendre plus d’une centaine”.
Mira est émue aux larmes. Nous lui annonçons que nous allons repartir en France avec l’un de ses chiens. “C’est Elisa qui va choisir”, dit Thierry. Mais comment choisir un chien parmi 2000 autres ? “Nous allons ramener celui qui en aura le plus besoin”.

Je choisis un petit chien blanc aux grandes oreilles et à la truffe rose, dont j’avais déjà reçu des vidéos lorsque nous étions en France. Il est paralysé du train arrière en raison d’une fracture de la colonne vertébrale qui aurait été provoquée, d’après Mira, par une attaque de chiens. Ce chien vit au refuge “immeuble” et n’a qu’une maigre étagère pour espace de couchage. Son regard m’a profondément touchée. Nous décidons de l’appeler Papyrus.
Dimanche 17 mai 2026 – Aéroport du Caire.
Nous retrouvons Mira à l’aéroport. Papyrus est dans sa caisse de transport, prêt à prendre l’avion pour la première fois. Les démarches administratives et sanitaires pour son importation en France ont été faites. Il ne reste plus qu’à embarquer.
5h plus tard, nous voici à l’aéroport d’Orly, avec Papyrus. Nous prenons la route en direction de la Clinique vétérinaire du Pont de Neuilly qui appartient à Thierry. Papyrus va y passer la nuit. Nous le sortons de sa cage, lui donnons à boire et à manger. Papyrus dévore son repas, puis est lavé par Thierry. Lui aussi va dormir à la clinique pour veiller sur Papyrus.

Lundi 18 mai 2026 – Clinique vétérinaire du Pont de Neuilly
Je retrouve un Papyrus en pleine forme à la clinique, comme s’il y avait toujours vécu ! Au chenil, il joue avec Vicky, une petite Yorkshire épileptique qui vient elle aussi du refuge de Mira. Sans doute se connaissaient-ils déjà avant…
Salima arrive à la clinique. Elle est la présidente des Anges de Mira Dog, l’association “miroir” de Mira Dogs en France. C’est Salima qui nous a fait découvrir la cause de ces petits chiens égyptiens, et c’est elle qui, depuis 5 ans, permet leur importation et leur adoption en France.
Dans ses bras, Salima tient Panda, un chien noir et blanc qui porte bien son nom. Panda provient du refuge de Mira et est arrivé à Paris une semaine plus tôt. Salima l’a gardé chez elle le temps que nous revenions nous-mêmes d’Egypte. Il est lui aussi handicapé : ses pattes avant sont déformées, probablement depuis sa naissance. Comme Papyrus, Panda va désormais prendre la route en direction du refuge AVA.

Lundi 18 mai 2026 – Refuge AVA
En milieu d’après-midi, notre soigneuse Louise ouvre les portes du camion : Papyrus et Panda, blottis l’un contre l’autre, sortent du véhicule et découvrent les personnes qui prendront désormais soin d’eux : notre équipe de soigneurs. Ceux-ci les emmènent dans leur nouveau lieu de vie : notre “Maison des P”tits vieux”. Leurs colocataires ? Nos autres handicapés comme Scooby et Laska, mais aussi Merveille, notre première rescapée d’Egypte. Panda et Papyrus tombent d’ailleurs immédiatement sous le charme de cette belle “Cléopâtre” canine…
C’est avec une vive émotion que nous les regardons tous prospérer au refuge AVA. Ils sont désormais loin de la mort, loin du danger, loin de toute souffrance.
- Papyrus est maintenant équipé d’un chariot à roulettes. Débordant d’énergie, il galope à toute vitesse, joue et croque la vie à pleines dents. Lui qui vivait sur une étagère dans le refuge-immeuble de Mira…
- Panda, si sensible et si timide, presque effacé, comprend petit à petit qu’il a le droit d’exister. Il prend confiance, aime se réfugier dans nos bras, et est d’une tendresse infinie.
- Merveille, elle aussi équipée d’un chariot à roulettes, s’ouvre comme une fleur. Son tempérament s’est affirmé, et elle partage de merveilleux moments de complicité avec ses amis canins.
- Et Vicky, la petite Yorkshire épileptique, bénéficie des soins vétérinaires qui lui sont vitaux. Son état est relativement stabilisé, mais elle reste à la clinique vétérinaire sous étroite surveillance et doit encore passer quelques examens.
Leur nouvelle vie commence, et il n’est pas plus beau cadeau, à nos yeux, que de les voir s’épanouir dans l’environnement que nous leur offrons, loin de l’enfer qu’ils ont vécu.
Et, déjà, nous pensons aux suivants : notre prochain sauvetage d’Egypte sera celui d’une petite Caniche, grièvement blessée à la patte et paralysée du train arrière. Elle ne le sait pas encore, mais elle fait déjà partie de notre famille.

Objectif : sauver 100 chiens
Voici pourquoi nous avons besoin de vous
Papyrus, Panda, Merveille, Vicky… Ces sauvetages ne sont possibles que grâce à vous. Comme eux, des centaines d’autres chiens d’Egypte ont besoin d’aide. Ensemble, nous pouvons les sauver. Mais pour cela, nous avons besoin de votre soutien. Grâce à vos dons, nous pouvons :
- Financer l’importation des chiens : vaccinations, démarches administratives et sanitaires, billets d’avion, transport jusqu’au refuge (environ 500 euros par chien)
- Prendre en charge leurs soins vétérinaires : prises de sang, radios, scanners, chirurgies sont parfois nécessaires.
- Acheter le matériel dont ils ont besoin : chariots à roulettes, couches, housses anti-frottements pour chiens handicapés…
- Construire et aménager des espaces de vie pour eux.
En faisant un don, vous participez concrètement au sauvetage de chiens d’Egypte.
Par exemple, si 10 de nos lecteurs font un don de 50€ chacun, alors nous obtenons 500€, soit le montant nécessaire au rapatriement d’un chien.
Notre ambition : créer AVAfrica
Ce voyage n’est qu’un début.
Avec nos partenaires au Liban, en Égypte, et bientôt au Kenya, nous souhaitons bâtir un réseau de solidarité internationale pour les animaux les plus vulnérables.
La condition des animaux de compagnie est en effet une problématique émergente dans de nombreux pays non-occidentaux et à plus faible niveau de revenus. Il y a donc tout à construire pour leur venir en aide, en étroite collaboration avec les populations locales et dans le plus grand respect des hommes comme dans celui des animaux.
Nous avons un rêve :
Créer AVAfrica.
Parce que partout dans le monde, des animaux ont besoin d’aide.
Parce que la protection animale ne doit pas avoir de frontières.
Parce qu’ensemble, nous pouvons changer leur destin.